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Nigéria : les internautes nigérians se mobilisent contre les violences policières via le hashtag #EndSars


© pulse.ng

Nigéria (Africapostnews) – Les internautes nigérians se mobilisent depuis hier sur les réseaux sociaux afin d’alerter leur dirigeants sur les violences commises par la SARS, une unité spéciale de police . Via le hashtag #EndSars, ils dénoncent notamment l’impunité de cette force armée et le manque d’action des politiques. 

La SARS ou Special Anti Robbery Squad, est une unité spéciale de la Police nigériane chargée de lutter contre le banditisme. Mais voila, selon plusieurs témoignages l’unité spéciale ne remplirait plus sa mission de protection envers les populations. Meurtres, corruptions, violences, sont entre autres les accusations faites à cette branche de la police nationale. Face  à la recrudescence des violences policières commises par ces agents, les internautes nigérians ont décidé de mettre les réseaux sociaux a profit. Sous le hashtag #EndSars (Stopper SARS en français), le Twitter nigérian appelle notamment les dirigeants à mettre un terme à cette brutalité policière en fermant simplement l’unité de police.

Très vite le hashtag s’est placé en tête  des sujets les plus tweetés au Nigéria. Tweets après tweets, les nigérians racontent les terribles et horribles méfaits qu’auraient commis certains agents de la SARS.  Cet internaute relate par exemple, comment après la descente des agents de la SARS dans un bar, les personnes interpellées n’ont plus jamais été vues.

 

D’autres dénoncent aussi l’apparence physique des officiers de la SARS. « Voici un agent de police de la SARS. Cela pourrait aussi bien être un voleur/un kidnappeur/un milicien/un assassin car on ne peut faire la différence ».

 

Et des témoignages il y en a un bon nombre. Tortures, disparitions, vol, il semblerait que les policiers de la SARS fassent eux aussi dans le banditisme au lieu de le combattre. Face à l’ampleur de la campagne, la police nigériane a rapidement réagit. Elle a annoncé la mise en place d’un numéro spécial destiné à recevoir les plaintes des personnes victimes d’agents de la SARS.

Des réactions politiques

Du côté des politiques, impossible de faire la sourde oreille. Plusieurs personnalités politiques ont elles aussi réagit au hashtag.  L’ All Progressives Congress (APC), parti au pouvoir, a lancé un sondage visant à recueillir l’avis des internautes sur le devenir de la SARS. Devrait-on dissoudre cette entité (#EndSARS), ou la réformer (#ReformSARS) ? La dernière proposition #IstandWithSARS, concernerait plutôt ceux qui soutiennent les forces spéciales.

 

L’ancien Vice président Atiku Abubakar, s’est lui aussi exprimant, pressant le gouvernement de prendre des mesures pour remédier à la situation. Très actif sur Twitter, le président Muhammadu Buhari ne s’est pas encore exprimé sur cette affaire. Il a pourtant été pris a parti par un internaute qui déplore l’attitude du président qui consiste à s’indigner de l’esclavage en Libye mais laisser mourir des citoyens sur le sol nigérian.

En fin d’après midi, l’Inspecteur Général de Police a annoncé une refonte immédiate de l’Unité Spéciale Anti Vol. Il a toutefois salué le travail remarquable de l’unité dans le passé, dans la lutte contre le vol à main armée, le kidnapping ou encore le vol de bétail. Il a à nouveau invité les victimes à s’adresser aux entités adéquates pour dénoncer les comportements déviants d’agents de la SARS.


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