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Gabon : Jean Ping à l’épreuve du départ annoncé d’Ali Bongo en 2018


L'opposant gabonais Jean Ping
L’opposant gabonais Jean Ping – Crédit photo : libération.fr

Gabon (Africapostnews) – Le 12 mai 2017, Jean Ping, le leader de l’opposition gabonaise rassurait ses soutiens lors d’une déclaration face à la presse. « Ali Bongo ne sera plus là en 2018 », annonçait-il. Abordant la question de la participation ou non aux législatives qui fait toujours débat dans son camp, l’opposant appelait au calme en indiquant que les législatives prévues en avril 2018 seraient organisées par son gouvernement sous-entendu qu’il serait le Chef de l’Etat en exercice.

Alors qu’on approche inexorablement de 2018, les promesses d’alternance de Jean Ping, réitérée le 14 décembre, raisonnent parmi ses soutiens. Ali Bongo sera-t-il encore au pouvoir en 2018 ? Tout laisse à penser qu’il le sera même si Jean Ping croit fermement au contraire.

Pourtant depuis l’élection contestée d’Ali Bongo en aout 2016, Jean Ping n’a ménagé aucun effort pour faire avancer sa cause. Il a multiplié les déplacements à l’international, les réunions avec ses soutiens, les rencontres avec les diplomates, les communiqués de presse, les messages solennels à l’attention des gabonais, etc. Jean Ping a parcouru l’Europe, s’est rendu aux Etats-Unis et s’est même déplacé personnellement à Abidjan (Côte d’Ivoire) pour remettre un mémorandum que l’Union africaine a refusé de recevoir. Interprété par beaucoup comme un désaveu pour Jean Ping, s’en fut en réalité un pour l’Union africaine, qui a montré, une fois encore, qu’elle était peu préoccupée par la démocratie et les aspirations légitimes des peuples.

Le dilemme de la politique gabonaise

« Jean Ping a gagné les élections. Il n’y a pas de doutes à ce sujet, mais Ali Bongo a pris le pouvoir », déclarait l’ancien premier ministre gabonais Casimir Oyé Mba dans une interview récente accordée à la chaine de télévision locale TV+. Ce constat résume tout le dilemme de la politique gabonaise contemporaine. La légitimité d’Ali Bongo est toujours contestée même s’il assume la charge effective de Président de la République gabonaise malgré les doutes sur son élection partagés par son opposition, les observateurs internationaux et mêmes des diplomates. Certains d’entre eux n’hésitent pas à affirmer en privé que l’élection d’Ali Bongo repose sur la fraude.

Cependant, en promettant qu’Ali Bongo ne serait plus à la tête du Gabon en 2018, Jean Ping a fait un pari risqué. Alors que l’effet du temps a quelque peu réduit la mobilisation autour de lui, le maintien d’Ali Bongo au pouvoir en 2018, doucherait les espoirs créés par son annonce auprès de ses soutiens et décrédibiliserait au passage sa parole publique.

Certains des soutiens de Jean Ping veulent croire qu’il dispose d’un « joker », ou d’une information privilégiée, qui lui permettrait de renverser les choses en sa faveur. D’autres spéculent sur une supposée maladie d’Ali Bongo. La réalité, seuls Jean Ping et peut-être son adversaire Ali Bongo, la connaissent.

Dans 4 jours ne seront en 2018, à ce stade une seule chose est certaine, le 31 décembre, les gabonais auront droit, comme l’année dernière à 2 discours à la nation. L’un du président de la République, Ali Bongo, l’autre du Président « élu », Jean Ping.


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