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Kenya : une femme médecin demande la légalisation de la mutilation génitale féminine


Un médecin demande la légalisation des MGF
Dr Tatu Kamau. Source : Nairobi Wire

Kenya News – La doctoresse Tatu Kamau s’est présentée devant la Cour suprême de Machakos, à 60 kilomètres au sud-est de Nairobi afin de défendre sa pétition visant à légaliser la mutilation génitale féminine.

Doctoresse de profession et ancienne employée au ministère de la Santé, Dr Tatu Kamau affirme que les femmes devraient pouvoir disposer de leur corps et avoir le choix d’avoir recours à la mutilation génitale.

Au Kenya, il existe un Conseil anti MGF (mutilation génitale féminine) qui punit depuis 2011 de trois ans d’emprisonnement à la prison à vie, toute personne pratiquant la MGF. Dr Kamau estime que ce Conseil devrait être aboli car il va à l’encontre d’une pratique appartenant à la culture africaine et qui existe avant la colonisation.

« Si le Parlement veut abolir la culture, demain il voudra abolir la religion ou autre chose. Le Conseil anti MGF établit un précédent qui tente d’aliéner notre culture » a-t-elle déclaré.

Légaliser la MGF pour rendre la pratique plus sûre

Après le tollé provoqué par son point de vue, elle a précisé durant son audience le 17 janvier dernier à la Cour suprême que son point de vue ne concernait pas les jeunes filles mais que sa « campagne a pour unique but de préserver la dignité et les droits de la femme ».

« En lançant ma pétition je ne pensais pas aux petites filles, je voulais juste aborder le cas des femmes adultes » a-t-elle précisé.

En légalisant la MGF, Dr Tamau estime que la pratique sera rendue plus sûre d’un point de vue sanitaire.

« L’excision est pratiquée de façon different selon les communautés mais elle peut être pratiquée de façon sûre. Il s’agit d’une procédure bénigne qui ne nécessite pas d’anesthésie ni d’en faire toute une scène. »

Selon elle, la mutilation génitale féminine est un terme péjoratif utilisé par les occidentaux pour diaboliser une pratique qu’ils utilisent eux-mêmes sous le nom de « chirurgie génitale féminine ».

La justice devrait se prononcer sur le sujet le 26 février prochain.


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