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Les accouchements par césarienne, encore trop peu pratiqués en Afrique


Césarienne en Afrique
Une naissance par césarienne. Via Projet Mokamo

Afrique santé – Une étude menée dans 72 pays à revenu faible et moyen a révélé une corrélation entre la situation économique des pays et les types d’accouchement les plus pratiqués. Dans les pays africains, les accouchements par césarienne restent encore trop peu répandus.

L’étude – publiée le 25 janvier dans le British Medical Journal – a été menée par des professionnels de santé entre 2010 et 2014 auprès de femmes âgées de 15 à 49 ans ayant accouché au cours des trois années précédant l’étude. Bien que menée uniquement dans 72 pays à revenu faible et moyen, les résultats ont mis en évidence une corrélation entre le niveau de revenus et le type d’accouchement le plus pratiqué.

Les résultats varient fortement avec un taux national de césarienne de 0,6 % au Sud Soudan contre 58,9 % en République dominicaine. Les différences sont plus marquées en fonction du niveau de vie des pays. Par exemple, les accouchements par césarienne ne représentent que 1,5 % des naissances au Tchad, 2,1 % au Burkina Faso alors que ce taux est de 55,5 % en Égypte.

À l’échelle nationale des pays, ce taux varient également au sein des classes de population. En effet, les taux de césarienne les plus faibles (3,7 % en moyenne) se trouvent au sein des 20 % les plus pauvres et les taux de césarienne les plus élevés (18,4 %) au sein des 20 % les plus riches.

Des disparités, signes d’inégalités économiques et sociales

Bien que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) estime qu’un taux de naissance par césarienne normal devrait se situer entre 10 et 15%, les disparités observées traduisent en fait les inégalités sociales et économiques existantes.

Selon les auteurs de l’étude, la rareté des césariennes dans les pays les plus pauvres s’explique par « une pénurie de personnel médical qualifié et d’infrastructures de santé, des coûts pour la parturiente, ou des croyances culturelles sur la valeur et les dangers d’une césarienne ».

A contrario, dans les pays où les césariennes sont plus fréquentes et dont on abuse parfois, les raisons seraient plutôt d’ordre structurel (peur des risques juridiques ou incitations financières) ou personnel (statut social, peur de la douleur, etc).


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