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Crise Anglophone : Internet Sans Frontières porte plainte au gouvernement camerounais


Cameroun (Africapostnews) – Deux groupes internationaux de défense des droits numériques se sont joints au mouvement visant à empêcher le gouvernement camerounais de couper l’accès à Internet dans les régions anglophones.

Access Now et Internet Sans Frontières (ISF) sont intervenus au nom d’un consortium d’organisations de la société civile qui avait précédemment poursuivi le gouvernement pour avoir bloqué l’accès à Internet dans les régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Dans des documents judiciaires déposés au Conseil constitutionnel, ces organisations affirment que la coupure d’internet actuelle viole les droits à la liberté d’expression, l’accès à l’information, la non-discrimination basée sur la langue et entrave les droits économiques, sociaux et culturels.

Couper l’accès à internet : une entrave au droit de communiquer et à la liberté d’expression ?

Cette plainte est la première de ce type contre un gouvernement par ces organisations. L’objectif est de montrer que l’interruption d’Internet viole des accords régionaux et internationaux qui soutiennent le droit de rechercher, recevoir et communiquer des informations et des idées par des moyens numériques. Les pétitionnaires espèrent également montrer que l’interdiction générale n’était pas proportionnée et que le gouvernement n’a pas réussi à présenter un objectif légitime pour cette interruption.

Depuis plus d’un an, l’Internet dans les deux régions anglophones est complètement coupé ou ralenti, pour un total de 215 jours ce 30 janvier, selon l’ISF et Access Now. La perturbation a commencé lorsque les représentants des deux régions ont manifesté contre la discrimination politique et économique du gouvernement majoritaire francophone.

Le Cameroun va t’il s’unifier pour les élections présidentielles à venir ?

En octobre dernier, les séparatistes ont proclamé l’indépendance d’une région appelée Ambazonia, ce qui a conduit le gouvernement à lancer une campagne de répression militaire. La violence qui a suivi aura fait des dizaines de morts et poussé au moins 43 000 personnes à fuir vers le Nigeria.

L’impasse actuelle constitue également un défi pour le reigne du président Paul Biya, qui, à 84 ans, devrait se représenter cette année.


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