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23 pays africains s’unissent autour d’un marché unique du transport aérien


Marché unique du transport aérien
Le siège de l’Union africaine à Addis Abeba.

Le 30ème sommet des Chefs d’Etat de l’Union Africaine à Addis-Abeba a été l’occasion pour la commission d’annoncer – pour 23 des 55 pays africains – le lancement du marché unique africain du transport aérien.

Aujourd’hui contrôlé à 80 % par des compagnies aériennes étrangères, le ciel africain représente un potentiel inexploité pour les pays du continent. Grâce à cet accord de marché unique, les pays signataires espèrent voir de belles retombées sur le continent.

En effet, une libéralisation du ciel africain pourrait permettre la création de près de 300.000 emplois directs et 2 millions d’emplois indirects. De plus, elle permettrait une plus forte intégration africaine en facilitant les investissements, les échanges commerciaux mais aussi le tourisme entre pays voisins.

De plus, l’industrie aéronautique en sortirait grande gagnante. Jusqu’à présent, les compagnies et le ciel africains était régis par un fort protectionisme dont le but était – selon une étude de la banque mondiale – de « protéger la part de marché des compagnies nationales publiques ».

Malheureusement, ce protectionisme a eu pour effet de protéger des compagnies avec de vieilles flottes, souvent mal gérées et donc peu rentables. Des effets qui se ressentent aussi des passagers qui déplorent des prix souvent très élevés et les itinéraires bien trop longs entre les différentes destinations du continent. À cause de cela, de nombreux voyageurs africains favorisent le tourisme hors du continent, plus accessible financièrement mais aussi en terme de temps.

Un accord pour booster l’économie et le tourisme en Afrique

Les signataires espèrent que cet accord favorisera la concurrence et fera baisser les prix tout en augmentant le nombre d’itinéraires directs disponibles entre les pays afin de booster le tourisme intercontinental.

« À partir de maintenant, les compagnies aériennes des pays signataires peuvent accéder librement aux pays du marché unique, elles n’auront plus besoin de passer par les accords bilatéraux (établis depuis l’époque coloniale, ndlr) pour obtenir les droits d’accès » a déclaré à l’AFP Tshepo Peege, représentant sud-africain de l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile (IATA).

Selon une étude de l’IATA, la libéralisation du ciel de 12 pays africains clés pourrait faire augmenter le PIB du continent de 1,3 milliards de dollars par an.

Bien que l’accord n’ait pas été signé par tous les pays du continent, il comprend les aéroports les plus fréquentés du continent tels que Johannesburg, le Caire, le Cap, Lagos et Nairobi).

Le président rwandais Paul Kagame a annoncé qu’il s’agissait d’une première étape vers l’implantation de deux autres projets, à savoir la création d’une zone de libre-échange et la mise en circulation d’un passeport unique offrant la possibilité de se déplacer librement sur le continent.

De belles promesses d’avenir pour le continent mais qui ne règlent pas les problèmes d’infrastructures, de coopération entre les compagnies aériennes africaines et les coûts d’opération élevés. En effet, les taxes par passager sont encore deux à cinq fois plus élevés que la moyenne mondiale de 25$ et le prix du kérosène deux fois et demie plus important que dans les autres régions du monde.


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