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Nigéria – Dapchi : Amnesty International dénonce la négligence de l’armée après plusieurs mises en garde


Amnesty International fustige l'inaction de l'armée
Une salle de classe dans le pensionnat où 110 filles ont été enlevées par Boko Haram. Credits : Afolabi Sotunde / Reuters

(APN) – Dans un rapport publié mardi, l’ONG pointe du doigt l’inaction de l’armée nigériane après de nombreuses mises en garde avant le drame de Dapchi. Cet enlèvement est le plus important après celui de Chibok en 2014.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a qualifié ce drame de « désastre ». Désastre qui aurait pu être évité selon l’ONG Amnesty International, comme le rapt de 2014 qui avait créé une vague de protestation dans le monde. Dans un rapport publié ce mardi sur leur site internet, Amnesty International affirme avoir plusieurs fois averti l’armée nigériane d’une attaque imminente dans la localité. Malheureusement, ces appels sont restés sans réponse et le drame n’a pas pu être évité.

L’ONG s’est basé sur le témoignage de 23 responsables locaux qui ont indiqué la présence des militants du groupe islamiste aux abords de Dapchi. Amnesty International a tenté cinq fois de joindre les forces de sécurité dans l’après-midi. En effet, des résidents mentionnaient neuf véhicules de militants lourdement armés en route vers Dapchi. Quelques heures plus tard, 110 filles âgées entre 11 ans et 19 ans manquaient à l’appel. Pour l’ONG, l’armée nigériane n’a pas pu protéger les civils alors qu’elle était en mesure d’assurer la sécurité de ces derniers. Ce n’est qu’une heure après qu’un avion militaire a atterri sur les lieux du rapt.

Un mécontentement général

Osa Ojigho directrice d’Amnesty International Nigeria met en cause des manquements de l’armée. Elle ajoute qu’aucune leçon n’a été tirée depuis le rapt de Chibok en 2014. Elle préconise l’ouverture d’une enquête afin de déterno-mining les erreurs du gouvernement dans la gestion de cette crise. « Pourquoi n’y avait-il pas de présence militaire suffisante ? » ajoute-elle, alors que le nord-est du pays est la région la plus touchée par la secte qui a prêté allégeance à l’État islamique.

L’enlèvement de ces 110 écolières remet sur la table deux sujets majeurs : la force de frappe de Boko Haram qui semblait affaibli, et la capacité des autorités nigérianes à prévenir ces attaques. Les autorités nigérianes ont désormais une longueur de retard et espère retrouver les filles en négociant avec le groupe terroriste.


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